L'empreinte
est une forme d'acquisition radicale étudiée par Konrad Lorenz, que l'on
constate chez plusieurs animaux, dont les oiseaux.
Cette
forme d'acquisition fonctionne ainsi: le poussin ou le petit animal, à une étape-clé
de son existence (en effet, la fenêtre dans laquelle doit se dérouler cet
apprentissage est plus ou moins restreinte), découvre la forme de ses
congénères.
Une fois
cette acquisition faite, elle dictera:
- son
choix quant à la figure à suivre (celle qu'il considérera comme sa mère)
- son
choix quant à ses futurs partenaires sexuels, une fois arrivé à l'âge adulte.
Ce que
Lorenz a réalisé, c'est qu'à ce moment-clé de l'existence de l'oisillon (plus
exactement ici, juste après l'éclosion), l'empreinte peut être établie avec
n'importe quoi !!
Il suffit
simplement de présenter la forme à l'oisillon. Cela peut fonctionner avec un
autre animal, mais aussi une forme non-animale, comme un ballon par exemple!
Lorenz a poussé
l'expérience jusqu'à se faire passer lui-même pour la mère de petits
canetons.
On a pu ainsi
l'observer à plusieurs reprises à la tête d'une drôle de parade!
L'anecdote raconte
que pour mieux effectuer l'empreinte sur ses petits canetons, il a commencé par
imiter la cane mère. Des voisins l'auraient vu, accroupi dans l'herbe de son
jardin, remuant les bras comme des ailes et caquetant. Sauf que, l'herbe étant
haute, ils n'ont pas vu les petits canetons qui le suivaient, et l'ont donc
pris pour un fou!
Nous vieillissons. C'est un fait. Notre peau se creuse, nos organes
fonctionnent moins bien, nous perdons nos poils et notre vigueur. C'est
également un fait reconnu que certains vieillissent mieux que d'autres.
Le cerveau vieillit lui aussi. Et comme pour le reste, certains cerveaux
vieillissent mieux que d'autres.
Lorsqu'une personne a un cerveau qui vieillit particulièrement mal, on
lui diagnostique une maladie d'Alzheimer.
Du corps, on cherche aujourd'hui à effacer les marques de la vieillesse.
Botox, lifting et tutti quanti.
En fait, chercher un médicament contre la maladie d'Alzheimer, c'est
chercher à faire un lifting du cerveau.
D'ailleurs, ça arrangerait bien les firmes pharmaceutiques, d'avoir un
médicament miracle contre le vieillissement cérébral. Les gens se
bousculeraient à l'entrée des pharmacies et dépenseraient tout l'argent de leur
retraite pour avoir la petite pilule qui empêche de vieillir.
Chercher un médicament contre la maladie d'Alzheimer, c'est chercher
l'immortalité au-delà de l'éternelle jeunesse.
Un jour, les chercheurs se sont rendus compte que non seulement le
vieillissement démographique devenait problématique, mais qu'en plus ils
manquaient d'argent pour faire de la recherche sur le sujet. Alors, Richard
Butler, un responsable d'une NAH, a dit: Nous devons pratiquer la politique
de l'angoisse. Autrement dit, si les gens ont peur de vieillir, ils
donneront davantage d'argent pour la recherche sur le vieillissement. C'est
alors que la maladie d'Alzheimer leur est apparue comme une évidence.
Une maladie que tout le monde craint.
Sauf que... la maladie d'Alzheimer n'existe pas.
Symptômes :
Les personnes ayant reçu le diagnostic d'Alzheimer présentent une
variété énorme dans l'expression des symptômes.
présentation
amnésique: troubles mnésiques dominants (et des
déficits dans d’autres domaines)
présentation
langagière avec un manque du mot prédominant (et
des déficits dans d’autres domaines)
présentation
visuelle incluant de façon prédominante agnosie des
objets, trouble de la reconnaissance des visages, alexie,
asimultagnosie (et des déficits dans d’autres domaines)
présentation
exécutive avec troubles prédominants dans la
raisonnement, le jugement et la résolution de problèmes (et des
déficits dans d’autres domaines)
(source: 2010 Alzheimer’s Association International
Conference on Alzheimer’s
Disease (juillet 2010, Honolulu))
Il faudrait donc trouver un médicament qui soigne tous ces troubles à la
fois.
Evolution :
Les personnes ayant reçu le diagnostic d'Alzheimer présentent également
une hétérogénéité dans l'évolution de la maladie. Par exemple, 22% d'entre
elles présentent une période de stabilité pendant 3 à 7 ans (alors que c'est
sensé être une maladie dégénérative à évolution rapide).
Neuropathologie (examen des
cerveaux post-mortem) :
Non seulement les personnes ayant reçu le diagnostic d'Alzheimer
présentent une hétérogénéité au niveau des lésions cérébrales et des régions
endommagées du cerveau, mais en plus de cela, certaines personnes présentant
les mêmes lésions n'avaient, de leur vivant, aucun symptôme décrit dans la
maladie d'Alzheimer et n'avaient donc pas reçu le diagnostic !
A quoi c'est dû alors...?
Le vieillissement cérébral problématique (donc les personnes qui
vieillissent "moins bien" que les autres) serait en fait dû à
différents facteurs:
Les
facteurs biologiques naturels du vieillissement (comme précisé
précédemment, le cerveau vieillit à l'instar du corps ou des organes) mais également :
Les
facteurs psychologiques (par exemple, une personne ayant subi un ou
plusieurs épisodes dépressifs durant sa vie a davantage de risques d'avoir
un vieillissement cérébral problématique)
Les
facteurs socio-culturels (par exemple, on sait que les personnes qui
viennent d'un milieu défavorisé vieillissent moins bien que celles qui
viennent d'un milieu aisé; il en est de même pour le cerveau)
Les
facteurs médicaux (par exemple, le diabète mal contrôlé augmente également
les risques)
Les
facteurs environnementaux (par exemple, la malnutrition ou la pollution
sont des facteurs aggravants).
En conclusion.... plutôt que
de dépenser des sous à chercher le
médicament-miracle-qui-empêcherait-de-vieillir, on aurait meilleur temps d'utiliser ce
budget à investiguer les différents domaines à risque, à faire des campagnes de
prévention ou à augmenter la qualité de vie de la population (par exemple avec
des interventions psychologiques et sociales).
Et surtout, accepter le vieillissement comme une étape de la vie,
arrêter d'infantiliser ou de médicamenter les personnes âgées car c'est un
tantinet humiliant de finir sa vie dans ces conditions.
Pour rappel, le renforcement est une méthode d’apprentissage
comportementaliste, développée par Skinner. Skinner, c’est ce mec qui a mis des
souris et des pigeons dans des boîtes pour tester l’influence de la récompense
et de la punition. Les prémices du dressage en somme.
Renforcement : Conséquence d’un comportement qui
rend plus probable que ce comportement soit produit à nouveau.
Renforçateur positif :
Récompense.
Jusqu’à
présent, cette technique de renforcement
s’est avéré être la plus efficace dans l’éducation des enfants autistes. C'est à dire, récompenser l'enfant lors d'un comportement adéquat et escompté, ceci afin qu'il le reproduise. Voici donc le Top 15des règles de renforcement à suivre
à la lettre pour que la technique fonctionne.
[Si vous voulez dresser votre femme,
ça marche aussi…]
1.Les
renforçateurs doivent renforcer. C’est évident, mais
pas tant que ça. Par exemple, ce n’est pas parce que vous, vous aimez le Lagavulin
Malt Whisky 20 ans d’âge que votre enfant de cinq ans l’appréciera aussi.
Il est donc important d’identifier les différents renforçateurs potentiels.
Pour ça, le mieux, c’est d’observer ce que l’enfant aime faire.
[Pour votre femme,
les renforçateurs de base sont : la carte
de crédit, le chihuahua, les sacs à mains, les chaussures, les
comédies romantiques et les rendez-vous chez le coiffeur.]
2.Le
renforcement doit être contingent. Le renforçateur
doit non seulement être disponible (un
voyage sur la Lune n’est pas adéquat) mais également non-nécessaire ou
obligatoire (prendre une douche n’est
pas adéquat non plus, surtout si votre enfant n’effectue pas le comportement
désiré pendant plus d’une semaine…).
[Autrement dit,
pour votre femme, vous avez meilleur temps
d’avoir une très bonne situation financière.]
3.Utilisez
toute une gamme de renforçateurs. Afin d’éviter le
risque de satiété.
[Aucun risque avec
votre femme. Elle ne se lassera jamais des
sacs Longchamp.]
4.Les
renforçateurs sociaux doivent être combinés avec les renforçateurs de base. Les renforçateurs
sociaux comme les sourires ou les félicitations n’ont souvent aucun effet chez
l’enfant autiste. Les associer avec les renforçateurs de base (boissons,
gâteaux, jouets, …) permet de les utiliser comme renforçateurs. (À mon humble
avis, cette règle bénéficie plutôt au parent qu’à l’enfant. Ainsi, il a l’impression
que l’enfant s’intéresse à lui.)
[Pour votre femme,
cela n’est pas nécessaire. Une simple félicitation
à un repas qu’elle vous aura préparé suffira. Il est inutile de lui
acheter un sac à main après chaque repas.]
5.Développez
et identifiez continuellement des renforçateurs. Cette règle découle
des règles 1 et 3. Il est important d’avoir des renforçateurs différents, et
surtout de bons renforçateurs.
[Par exemple, à
force d’acheter des sacs Longchamp à votre femme,
elle risque d’avoir toute la collection. Vous pouvez donc également
lui acheter des sacs Louis Vuitton ou Gucci.]
6.Utilisez
des renforçateurs adaptés à l’âge. Un adolescent
autiste peut apprécier les mêmes renforçateurs qu’un enfant de cinq ans, mais
il est important d’adapter les renforçateurs à l’âge, rien que pour permettre à
l’enfant d’être accepté par ses pairs.
[Non non, les sacs
Hello Kitty ne sont pas adaptés à une femme
de trente ans…]
7.L’imprévu
et la nouveauté augmentent beaucoup le renforcement. Les surprises sont
en général très motivantes. Ne pas savoir quel renforçateur va récompenser le
comportement ciblé peut être très excitant. (Ça
me rappelle ces glaces à l’eau qu’on mangeait quand on était gamins, on ne
savait pas quelle couleur elles auraient avant d’ouvrir le paquet. Rappelez-vous,
c’étaient ces glaces-là nos préférées.)
8.Au
début, le renforcement doit être donné immédiatement. Plus exactement,
dans un délai d’une demi-seconde,
afin d’être sûrs que ce soit le bon comportement qui soit récompensé. Par exemple,
si vous désirez renforcer le contact visuel et que vous retardez l’offre de la
récompense, vous risquez en fait de renforcer l’enfant à détourner le regard.
Avec le temps, il est important d’augmenter les délais de renforcement, pour
habituer l’enfant à ce à quoi il sera confronté dans l’environnement naturel.
[Aussi, prévoyez
une réserve de sacs à mains suffisante.]
9.Le
programme de renforcement doit être systématiquement suivi. Un comportement
positif doit toujours être récompensé. À l’inverse, un comportement négatif ne
doit jamais l’être. Il est important de rester cohérent dans l’application du
programme.
[N’offrez jamais
des fleurs à votre femme lorsqu’elle fait la gueule,
elle risque de recommencer…]
10.Le
renforcement doit diminuer avec le temps. Au risque de voir l’enfant
s’habituer à la récompense et ne plus produire le comportement attendu.
11.Au
début des apprentissages, formulez le comportement qui est renforcé. Cela permet de
mettre en évidence le rapport entre la récompense et le comportement. Parfois,
l’enfant autiste effectue un comportement « sans s’en rendre compte ».
Formuler le comportement renforcé lui permet de faire le lien avec la
récompense qu’il reçoit.
[Attention !
Chez votre femme, cela peut avoir l’effet inverse. Si vous
lui dites « Ma chérie, cela fait une semaine que tu n’as pas fait la
gueule, je te félicite », elle risque d’avoir un comportement
indésirable en réponse (faire la gueule). Pour éviter cela,
augmenter la taille de la récompense.]
12.Choisissez
avec soin le moment du renforcement. Il est important de
ne pas attendre trop longtemps avant le renforcement, au risque que l’enfant se
décourage. Afin de ne pas déroger à la règle 10, il est possible d’ « annoncer »
le renforcement à l’aide de mots de félicitations, ou à l’aide de jetons (après
un certain nombre de jetons, l’enfant reçoit la récompense).
[Pour votre femme,
les jetons peuvent être remplacés par des pièces de
monnaie. Après un certain nombre de pièces de monnaies, elle pourra
se procurer d’elle-même sa récompense. Attention, l’achat d’une
tirelire dont vous posséderez la clé peut s’avérer utile
voire indispensable.]
13.Recourez
progressivement à un renforcement moins étrange et plus axé sur le domaine
pratique. Utiliser des
renforçateurs pratiques et naturels permet à l’enfant de généraliser les
comportements acquis. Afin d’améliorer l’autonomie de l’enfant, il est
important qu’il puisse trouver des renforçateurs dans son environnement
naturel.
14.N’utilisez
pas la récompense comme moyen de chantage. Il ne faut surtout
pas annoncer la récompense avant que
le comportement ne soit produit ! L’objectif final étant que l’enfant
produise ces comportements naturellement, il faut à tout prix éviter qu’il ne
devienne dépendant du chantage et que la récompense soit essentielle à l’action
du comportement cible.
[Surprenez votre
femme ! Si elle comprend d’elle-même le comportement
à avoir pour obtenir une récompense, elle le reproduira plus volontiers.]
15.Utilisez
le renforcement différentiel. À chaque
comportement son renforçateur ! Les récompenses les plus appréciées
fonctionneront pour les meilleurs comportements, alors que les comportements
moins importants obtiendront une récompense plus faible. Adapter l’intensité de
la récompense à l’intensité du comportement recherché.
[Les tâches
exceptionnelles méritent une récompense plus élevée que les
tâches quotidiennes. Ne donnez pas à votre femme un libre accès
à votre carte de crédit à chaque fois qu’elle fait le ménage !]
Vous avez l’impression de dresser votre enfant ? C’est
un peu cela. Je me suis posé cette question : Que recherche-t-on ? Car en soi, cela n’est-il pas égoïste de
vouloir à tout prix faire entrer dans notre monde une personne qui vit dans un
monde si différent du nôtre ? Qu’est-ce qu’un parent est supposé rechercher
pour son enfant, si ce n’est son bonheur ? Si l’enfant est heureux avec
ses stéréotypies, s’il est heureux en regardant toute la journée le tambour de
la machine à laver, cela n’est-il pas suffisant ? Or, il existe une preuve
que l’enfant autiste est malheureux : les comportements automutilatoires. Non
seulement, il est évident de devoir les empêcher pour des raisons de santé,
mais c’est également de sa part une façon de s’exprimer, de dire « Vous ne
comprenez pas ce que je souhaite, je n’arrive pas à vous l’expliquer. »
Je pense qu’il est important que la personne autiste ait les cartes en mains
pour communiquer avec les autres. Comme un pont, qui lui permettrait de passer
de son monde au nôtre, un pont qu’elle pourrait emprunter lorsqu’elle le
souhaite, mais aussi qu’elle ait l’opportunité de ne pas l’emprunter si elle le
désire. Car ce n’est pas dans notre monde qu’elle trouvera son bonheur. C’est
dans le sien.
Mon petit frère de la Lune, par F. Philibert
[Réf : Autiste et A.B.A. : une pédagogie du
progrès. R.Leaf & J.McEachin. Ed Pearson]